Thèse l'Effet Cumulatif des Étangs et le Multi-Usage Approche Limnorégionale du Bilan Hydrologique des Étangs de Corrèze H/F - Doctorat.Gouv.Fr
- CDD
- Doctorat.Gouv.Fr
Les missions du poste
Établissement : Université d'Orléans École doctorale : Sciences de la Société : Territoires, Economie, Droit - SSTED Laboratoire de recherche : CEDETE - Centre d'Études pour le Développement des Territoires et l'Environnement Direction de la thèse : Pascal BARTOUT Début de la thèse : 2026-10-01 Date limite de candidature : 2026-05-18T23:59:59 Le département de la Corrèze possède 8 326 plans d'eau recensés dans un contexte agricole orienté élevage, hydrologiquement caractérisé par une faible capacité de stockage souterrain et peu de stocks en surface mobilisable. Dans un contexte où les prédictions climatiques prévoient une accentuation de la vulnérabilité à la ressource hydrique (intensification des étiages de 50 %, baisse de la recharge phréatique et augmentation des crues de + 80 %), une tension structurelle oppose les acteurs locaux et les administrations territoriales. Les acteurs locaux perçoivent les plans d'eau comme un levier d'adaptation face aux évolutions climatiques qui mettent en péril l'agriculture et les activités économiques, activités auxquelles sont particulièrement attachés le président du conseil départemental de la Corrèze et ses équipes. Toutefois, les orientations réglementaires (DCE, SDAGE Adour-Garonne) les appréhendent comme sources de perturbations qui aggraveront les problèmes d'eau dans les années à venir. Cette dichotomie repose sur un déficit de connaissances empiriques mis en avant par Carluer et al. (2016) : à ce jour, aucun suivi de terrain continu du bilan hydrologique de plans d'eau et de leur impact cumulé n'a été conduit à l'échelle d'un territoire pour valider la bibliographie en contexte métropolitain. Cette volonté de connaître l'impact cumulé des plans d'eau est une résolution étatique mise en avant via les outils existants (BD TOPO® ou INPE). Toutefois, les plans d'eau y sont traités comme des objets bidimensionnels, omettant la variable volumétrique pourtant déterminante pour la compréhension de leur fonctionnement.
Cette lacune majeure oriente la question centrale de cette recherche : dans quelle mesure les étangs peuvent-ils constituer, à l'échelle d'un territoire comme la Corrèze, un outil de régulation hydrique et de multi-usage, et selon quelles conditions de connaissance et de gouvernance ce potentiel peut-il être mobilisé durablement ? Le département de la Corrèze possède 8 326 plans d'eau recensés dans un contexte agricole orienté élevage, hydrologiquement caractérisé par une faible capacité de stockage souterrain et peu de stocks en surface mobilisable. Dans un contexte où les prédictions climatiques prévoient une accentuation de la vulnérabilité à la ressource hydrique (intensification des étiages de 50 %, baisse de la recharge phréatique et augmentation des crues de + 80 %) [Tramblay et al., 2024], une tension structurelle oppose les acteurs locaux et les administrations territoriales. Les acteurs locaux perçoivent les plans d'eau comme un levier d'adaptation face aux évolutions climatiques qui mettent en péril l'agriculture et les activités économiques, activités auxquelles sont particulièrement attachés le président du conseil départemental de la Corrèze et ses équipes. Toutefois, les orientations réglementaires (DCE, SDAGE Adour-Garonne) les appréhendent comme sources de perturbations qui aggraveront les problèmes d'eau dans les années à venir. Cette dichotomie repose sur un déficit de connaissances empiriques mis en avant par Carluer et al. (2016) : à ce jour, aucun suivi de terrain continu du bilan hydrologique de plans d'eau et de leur impact cumulé n'a été conduit à l'échelle d'un territoire pour valider la bibliographie en contexte métropolitain. Cette volonté de connaître l'impact cumulé des plans d'eau est une résolution étatique mise en avant via les outils existants (BD TOPO® ou INPE). Toutefois, les plans d'eau y sont traités comme des objets bidimensionnels, omettant la variable volumétrique pourtant déterminante pour la compréhension de leur fonctionnement. Les objectifs principaux structurant cette démarche sont en premier lieu de quantifier le bilan hydrologique (pluviométrie, évaporation de nappe libre, évapotranspiration de la ripisylve, infiltration, débits entrants et sortants) par instrumentation continue sur trois plans d'eau représentatifs du contexte Corrézien (têtes de bassin versant de rang de Strahler 0 et plan d'eau sur cours d'eau intermédiaire). En second lieu, il convient d'évaluer l'effet cumulatif de ces ouvrages à l'échelle limnorégionale, en confrontant les méthodes d'estimation empiriques (Penman-Monteith, Al Domany, Turc) aux mesures in situ, afin d'identifier les formules les plus performantes selon la saison et de documenter les marges d'erreur associées pour modéliser les bilans hydrologiques des plans d'eau à l'échelle du territoire. En troisième lieu, l'objectif est d'évaluer le potentiel de multi-usage, en distinguant fonctions de support (agrément, pêche, DFCI) et fonctions de prélèvement (irrigation, abreuvement), afin d'identifier les volumes réellement mobilisables sans créer de nouvelles retenues tout en valorisant le patrimoine hydrologique existant et en maximisant la biodiversité. L'acquisition des données sera réalisée à un pas de temps horaire sur une période de trois ans, permettant d'éviter le biais d'une année hydrologique exceptionnelle et d'appréhender la variabilité interannuelle. Le dispositif instrumental comprend, pour chacun des trois sites, une station météorologique complète (température, humidité, vent à 2 m, rayonnement, pluviométrie etc..), des débitmètres automatiques aux entrées et sorties, un Bac évaporatoire de référence, une fosse de ruissellement, des sondes thermiques aquatiques et un levé bathymétrique. Une analyse de sensibilité statistique sera également réalisée permettant de quantifier les incertitudes et d'identifier les paramètres à plus forte marge d'erreur. L'originalité méthodologique réside dans le changement d'échelle : là où la littérature scientifique adopte une approche limnosystémique centrée sur un ouvrage isolé, la présente thèse privilégiera une approche limnorégionale cumulative [Bartout & Touchart, 2017, 2022], permettant de dégager une vision territoriale du fonctionnement collectif des plans d'eau.
Le profil recherché
Le doctorant devra disposer d'un master en Géographie avec une spécialité eau/environnement. Il(elle) doit manier autant l'approche géographie physique que celle humaine puisque les mesures hydrologiques nécessaires renvoient à l'hydrologie et à la géographie limnologique, et le multi-usage nécessite la maîtrise des techniques d'entretiens et l'habitude des politiques d'acteurs (économiques, politiques, associatifs).