Thèse les Valeurs de l'Argent. les Monnaies d'Argent en France à la Fin du Moyen Âge de Louis Ix à Charles Vii 1266-1461 H/F - Doctorat.Gouv.Fr
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Établissement : Université d'Orléans École doctorale : Humanités et Langues - H&L Laboratoire de recherche : IRAMAT - Institut de Recherches sur les Archéomatériaux - Centre Ernest-Babelon Direction de la thèse : Guillaume SARAH ORCID 0000000239072074 Début de la thèse : 2026-10-01 Date limite de candidature : 2026-04-30T23:59:59 La fin du Moyen Âge, entre le milieu du XIIIe siècle et le milieu du XVe siècle, est marquée en France par des grandes évolutions démographiques, politiques et économiques. La croissance du beau XIIIe siècle laisse la place aux incertitudes de la « conjoncture 1300 » et aux crises avec le choc démographique de la Peste noire au milieu du XIVe siècle. L'emprise royale croissante se heurte à la résistance d'autorités locales ainsi qu'à des conflits durables et ruineux avec des royautés concurrentes (guerre de Cent Ans avec l'Angleterre) ou de puissantes principautés. Du point de vue de la production des monnaies, un basculement important intervient en 1266, à la fin du règne de Louis IX, avec l'introduction d'une grosse monnaie de bon argent et d'une monnaie d'or. Dès lors, le système monétaire fondé sur le denier, monnaie d'argent de faible valeur, se complexifie, dans un contexte où la monnaie royale se trouve en concurrence avec les productions de principautés féodales.
C'est sous Philippe le Bel (1285-1314) qu'apparaissent deux phénomènes importants qui caractérisent le monnayage français de la fin du Moyen Âge. Le premier, à l'origine du roi, est celui des mutations monétaires, déjà bien analysé par Marc Bloch, par lequel l'autorité royale abaisse le contenu en métal précieux de la monnaie tout en maintenant sa valeur libératoire, afin de tirer davantage de profit de sa production. Ces dévaluations connaissent leur apogée à l'aube du règne de Charles VII, entre 1417 et 1422, dans un contexte de guerre et de concurrence entre les monnaies de Charles VI, le dauphin Charles (VII) régent, les ducs de Bourgogne Jean sans Peur puis Philippe le Bon et le roi d'Angleterre Henri V. Le second phénomène notable pour cette période est celui de l'imitation par des autorités locales (ducs, comtes, évêques) des monnaies royales. Si certains de ces seigneurs sont vassaux du roi de France ou en sont personnellement proches, cela n'est pas toujours le cas, et ce phénomène d'imitations répond à une politique propre à chaque émetteur.
Le sujet de thèse proposé vise à examiner ces deux phénomènes selon une démarche interdisciplinaire, qui fait appel, d'une part, à l'étude numismatique des monnaies et aux sources relatives à leur production (quand elles existent) et, d'autre part, à leur analyse archéométrique. Ainsi, les résultats des analyses de composition permettront d'observer la réalité concrète de la production des différentes espèces monétaires à base d'argent frappées dans l'espace français entre le milieu du XIIIe et le milieu du XVe siècle, afin de confronter ces données nouvelles avec les connaissances relatives à leurs caractéristiques typologiques, à leurs cadres de production et à leurs modalités de circulation. Cette thèse permettra dès lors de répondre aux questions suivantes : les préconisations des autorités émettrices connues d'après les textes pour certains monnayages ont-elles été respectées dans les ateliers monétaires, y compris pendant les périodes de dévaluations fortes et répétées ? Les monnaies féodales qui imitent les productions royales se conforment-elles aux mêmes standards de titre, ou un profit supplémentaire est-il réalisé par les autorités locales en bénéficiant de la confiance accordée par les utilisateurs aux monnaies royales ? Observe-t-on un alignement des systèmes monétaires ducaux ou comtaux sur le système monétaire royal, hors phénomènes d'imitations ? Les stocks d'argent mobilisés présentent-ils des différences selon les périodes, les espaces et les autorités ? Et plus largement, quelles sont les grandes évolutions des caractéristiques des alliages monétaires employés dans l'espace français entre le milieu du XIIIe siècle et le milieu du XVe siècle ?
Le contexte scientifique local est celui de l'IRAMAT (Institut de recherche sur les archéomatériaux, UMR 7065) d'Orléans, laboratoire spécialisé dans l'étude archéométrique des monnaies anciennes reconnu internationalement dans son domaine de spécialité.
Ce contexte local est accompagné du contexte scientifique fourni par la réalisation en cours du projet ANR ClaMoMed (Classement des espèces monétaires médiévales, dir. Th. Cardon, CRAHAM, resp. scientifique pour l'IRAMAT G. Sarah, 2025-2028), dont l'objectif est de proposer un cadre de classement renouvelé des monnaies médiévales.
Le profil recherché
Master en archéométrie ou en histoire